1. Ne pas déclarer ses cryptomonnaies
Qu'il s'agisse de trading, de vente ou même de paiements reçus en cryptomonnaies, vous êtes tenu de tout déclarer. En cas de manquement, les amendes vont de 50 € à 1 250 €, et elles s'alourdissent en cas de récidive. Pire encore : si vous tardez trop, le SPF Finances établira une déclaration d'office à votre place — avec un revenu estimé bien supérieur à ce que vous auriez déclaré vous-même. Résultat : une facture plus salée, quelle que soit votre situation réelle.
Le SPF peut également appliquer une majoration d'impôt de 10 % à 200 % sur votre dette fiscale, en plus ou à la place de l'amende. Pour rappel, Coinbase a récemment dû s'acquitter de 21,5 millions de dollars d'amende.
Certains pensent que le trading occasionnel passe sous les radars. C'est de moins en moins vrai : avec l'entrée en vigueur de la directive DAC8, les plateformes sont tenues de transmettre automatiquement les informations sur les avoirs de leurs utilisateurs aux autorités fiscales européennes. Cette obligation s'applique à toutes les plateformes et applications depuis le 31 décembre 2025.

2. Confondre gestion privée et activité professionnelle
Les transactions occasionnelles, réalisées à titre privé, relèvent en principe des plus-values personnelles. Elles peuvent être imposées à un taux réduit, voire totalement exonérées si elles sont considérées comme ponctuelles et spéculatives. En revanche, dès lors que votre activité devient régulière et structurée, le fisc la requalifiera en activité professionnelle — peu importe que vous soyez indépendant ou à la tête d'une société. Si les cryptos constituent l'une de vos principales sources de revenus, ou si vous utilisez des outils sophistiqués (bots de trading, algorithmes…), vous serez soumis à l'impôt sur le revenu au barème progressif.
3. Négliger les petites transactions

Au moment de remplir votre déclaration, il est tentant de passer sous silence les petites opérations, en se disant qu'elles ne valent pas la peine d'être mentionnées. Or, même de petits montants s'accumulent, et l'administration fiscale belge tient compte du total des plus-values pour calculer le revenu imposable.
Prenons un exemple : vendre 50 € de Bitcoin par semaine peut sembler anodin, mais sur un an, cela représente plusieurs milliers d'euros. Omettre ces montants, c'est s'exposer à un contrôle fiscal ou à des pénalités. Par ailleurs, les échanges entre cryptomonnaies — comme convertir du Bitcoin en Ethereum — sont souvent considérés comme des événements imposables, même si aucun euro ne transite sur votre compte bancaire.
4. Ne pas documenter ses achats
C'est l'une des erreurs les plus simples à commettre, mais aussi l'une des plus coûteuses. Même si vous êtes parfaitement honnête, l'administration fiscale exigera des preuves en cas de contrôle. Et la charge de la preuve repose entièrement sur vous.
Concrètement, il est indispensable de :
- Tenir un registre centralisé (logiciel dédié ou tableur)
- Exporter régulièrement (chaque mois ou trimestre) l'historique de vos transactions
- Conserver des captures d'écran ou des confirmations PDF de vos opérations : trades, récompenses de staking, intérêts de crowdlending…
- Archiver ces données sur le long terme
5. Oublier les opérations sur Coinhouse, Crypto.com et les autres plateformes

Autre erreur fréquente : ignorer les conversions entre cryptomonnaies et les transferts entre portefeuilles sur des plateformes comme Crypto.com ou Coinhouse. Beaucoup d'investisseurs pensent que déplacer des actifs d'un wallet à l'autre ou échanger une crypto contre une autre ne constitue pas un événement imposable. En réalité, s'il est vrai qu'un simple transfert entre deux portefeuilles vous appartenant n'est pas taxé, toute plus-value réalisée lors d'un échange doit être déclarée à partir de 2026.
Jusqu'à récemment, les investisseurs « prudents » n'avaient pas l'obligation de déclarer. Ce n'est plus le cas : une taxe de solidarité de 10 % sur les plus-values s'applique désormais aux investisseurs de long terme pour les gains réalisés à compter du 1er janvier 2026. Pensez à utiliser des outils de suivi de portefeuille et de fiscalité crypto.
Diversification en toute transparence
Si le suivi du staking, des revenus DeFi ou des multiples transferts entre wallets vous semble trop complexe, le crowdlending peut constituer une alternative intéressante pour diversifier. La plateforme 8lends vous permet de prêter vos cryptos à des emprunteurs vérifiés et de percevoir des rendements prévisibles, sans les complications du staking ou des protocoles DeFi.
- Déclaration simplifiée : des relevés de transactions détaillés et exploitables.
- Revenus prévisibles et garantis par des collatéraux : contrairement aux rendements variables du staking ou des pools de liquidité, les revenus du crowdlending sont faciles à anticiper.
- Diversification du portefeuille : une source de revenus complémentaire, sans nécessité de trader en permanence.
6. Se tromper de pays de déclaration
Vos obligations fiscales en matière de cryptomonnaies dépendent avant tout de votre résidence fiscale. Une erreur de déclaration peut entraîner une double imposition ou des pénalités pour sous-déclaration. Vivre à l'étranger ne vous exonère pas nécessairement : même un séjour de seulement 7 jours en Belgique peut suffire à vous faire considérer comme résident fiscal.
Contrairement à de nombreux pays, la Belgique ne se base pas sur la règle des 183 jours. Les critères retenus sont :
- Votre résidence principale : là où vous vivez effectivement, que vous soyez propriétaire ou locataire
- Le lieu de résidence de votre conjoint et de vos enfants
- Le lieu d'exercice de votre activité professionnelle
- L'endroit où se trouvent vos comptes bancaires et vos principaux liens économiques
7. Se fier uniquement aux relevés des plateformes d'échange

Beaucoup d'investisseurs belges commettent l'erreur de se contenter des récapitulatifs fournis par les exchanges pour remplir leur déclaration. Ces documents peuvent être utiles, mais ils ne couvrent pas toujours l'ensemble des événements imposables et omettent souvent des détails essentiels.
Par exemple :
- Certaines plateformes n'intègrent pas les échanges crypto-crypto, les récompenses de staking ou les opérations DeFi dans leurs relevés.
- Les transferts entre wallets ou entre plateformes n'apparaissent pas toujours.
- Les écarts de valorisation liés aux horodatages ou aux méthodes de conversion utilisées par chaque exchange peuvent créer des incohérences.
8. Respecter la date limite du 15 juillet
Dans le monde des cryptos, tout va vite : il faut surveiller en permanence une multitude d'actifs, ce qui est d'autant plus vrai si vous êtes stakeur, mineur ou si vous gérez une équipe. N'oubliez pas que la date limite de dépôt de votre déclaration sur Tax-on-Web est fixée au 15 juillet (ou au 30 juin pour les irréductibles qui préfèrent encore le formulaire papier). Si vous envisagez un dépôt tardif, faites votre demande avant cette date. Vous disposez ensuite d'un délai supplémentaire jusqu'au 28 octobre si vous passez par un mandataire fiscal.
Veillez à convertir correctement la valeur de tous vos actifs en euros et à consigner scrupuleusement les dates de chacune de vos transactions. Beaucoup de contribuables oublient ce détail pourtant crucial.
9. Oublier les dons, cadeaux et airdrops

Puisqu'ils n'en tirent pas de bénéfice direct, de nombreux investisseurs belges oublient de mentionner ces opérations dans leur déclaration fiscale. Offrir des cryptomonnaies à un proche peut sembler anodin, mais l'administration fiscale les traite différemment des transactions classiques.
Un transfert de cryptos à un tiers constitue une donation, soumise aux droits de donation calculés sur la base de la différence entre la valeur du bien au moment du don et son prix d'acquisition initial. Les dons à des organisations caritatives doivent également être déclarés, et certains ouvrent droit à une réduction d'impôt. Quant aux airdrops, il n'existe pas encore de position officielle, mais une décision de justice a établi que ces revenus étaient imposables au taux de 33 %.
10. Ne pas consulter un professionnel
Enfin, trop d'investisseurs tentent de s'y retrouver seuls dans un cadre fiscal complexe et en constante évolution. Même de petites erreurs peuvent entraîner un trop-perçu considérable ou vous faire passer à côté de déductions avantageuses. Dans la grande majorité des cas, faire appel à un cabinet spécialisé dans la fiscalité belge s'avère largement rentable.
Conclusion
La fiscalité des cryptomonnaies en Belgique peut sembler déroutante, mais connaître ces 10 erreurs courantes vous évitera bien des amendes, des pénalités et du stress inutile. Qu'il s'agisse de l'omission de revenus, de la confusion entre gestion privée et activité professionnelle, de la négligence des petites transactions, du manque de documentation, d'une mauvaise interprétation de votre résidence fiscale ou du non-respect des délais : chaque erreur coûte bien plus cher que le temps nécessaire pour s'en prémunir.
La clé de la conformité repose sur une tenue rigoureuse de vos registres, l'utilisation d'outils adaptés et une bonne compréhension de vos obligations fiscales. Des solutions comme les trackers crypto, les logiciels fiscaux ou encore des plateformes telles que 8lends simplifient la déclaration et la gestion de vos revenus en cryptomonnaies. En parallèle, 8lends vous permet d'ajouter à votre portefeuille des projets de prêts rémunérateurs, dont le risque est partagé avec d'autres investisseurs et toujours garanti par des collatéraux.




